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Journal personnel sous le génocide : « Israël est responsable du plus grand massacre de journalistes dans le monde. »

Mercredi, 3 journalistes ont été tués par une frappe israélienne dans la région de Nuseirat (bande de Gaza). L’occasion de rappeler ce terrible constat : plus de 220 journalistes palestiniens ont été tués par Israël depuis octobre 2023.

Chaque jour à Gaza ressemble à un enfer sans fin. Les Palestiniens sont à ce point déshumanisés qu’Israël peut continuer à les tuer, jour après jour, et appeler cela un « cessez-le-feu ».

Israël continue de frapper et de tuer les journalistes à Gaza avec une régularité meurtrière. Selon les données disponibles, près de la moitié des journalistes assassinés dans le monde au cours des 12 derniers mois (43 %) ont été tués à Gaza par les forces armées israéliennes. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, environ 220 journalistes ont été tués par l’armée israélienne, dont 65 ciblés directement en raison de leur profession ou alors qu’ils travaillaient sur le terrain. Chaque nom représente une voix étouffée, une vérité perdue, un témoin qui ne pourra plus raconter.

Mercredi, trois journalistes palestiniens ont été tués lors d’une frappe israélienne dans la région de Nuseirat, alors qu’ils effectuaient un reportage dans les camps du Comité égyptien : Mohammed Salah Qeshta, Abdel Raouf Samir Shaat et Anas Ghanem. Leurs caméras et stylos n’étaient pas des armes, mais ils ont payé de leur vie pour que le monde voie la réalité sur le terrain. Ils s’ajoutent aux 257 journalistes palestiniens tués depuis le début de cette guerre en octobre 2023. Les pertes ne s’arrêtent pas aux journalistes. Depuis le début de ce conflit, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués, parmi eux des femmes, des enfants, des familles entières qui ne connaissent aucun répit, et dont chaque jour ressemble à un enfer. Malgré un cessez-le-feu officiel, la mort continue de frapper, et chaque cible humaine semble justifiée aux yeux de l’agresseur. L’armée israélienne a tué plus de 70 000 Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, et en a blessé plus de 171 000. Des arrestations arbitraires ciblent aussi les journalistes : 36 arrestations depuis 2023, dont 20 emprisonnements uniquement en 2025. Cela montre simplement les cas documentés dans ce contexte précis, et non le total des détenus palestiniens. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu le 10 octobre 2025, plus de 300 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza lors de violations répétées de la trêve, selon des sources médicales locales. Le nombre total de morts depuis le début de la guerre, en octobre 2023, s’élève à environ 69 733 personnes.

Selon le droit international humanitaire, les journalistes sont considérés comme des civils bénéficiant d’une protection spéciale en temps de guerre. Les attaques délibérées contre eux constituent des crimes de guerre. Pourtant, malgré les preuves accumulées et les témoignages, aucune responsabilité n’a été assumée. Le silence international face à ces crimes encourage leur répétition.

Malgré les menaces constantes, les journalistes continuent leur travail : filmer sous les bombardements, transmettre des témoignages malgré le manque de sécurité, raconter la vie quotidienne et la mort autour d’eux. Leur persévérance est un acte de résistance et un engagement envers la vérité. Chaque article, chaque photo, chaque vidéo est un rappel que l’information est un droit, pas un crime.

Israël ne tue pas seulement des journalistes… il tue la vérité. Mais la vérité, malgré les frappes et les menaces, trouve toujours un chemin. Témoigner, filmer, écrire… ces actes sont essentiels pour que le monde sache ce qui se passe réellement. Israël continue de tuer les journalistes à Gaza, et pourtant, l’industrie du journalisme reste silencieuse… jusqu’à quand ce silence va-t-il durer ?

Sarah Emad et sa famille, prise au piège du génocide à Gaza, ont besoin de votre aide pour se fournir en besoins essentiels. Avec l’hiver, la pluie abime les tentes et le froid fait rage. Si vous le pouvez, merci de faire un don (même minime) sur leur cagnotte. Merci !

Auteur/autrice

  • SARAH EMAD

    Sarah Emad est une voix journalistique émergente de Gaza. Journaliste et rédactrice indépendante, elle transmet la réalité sous le siège avec un style sincère et percutant, portant des messages d’humanité et de vérité au monde malgré les ruines et les frontières.

    📩 Contact : saraemadza@gmail.com