Ils étaient plusieurs dizaines ce mercredi en fin de matinée pour partager un petit barbecue devant la gare de Douai, arborant massivement des chasubles CGT cheminots en ce jour de grève nationale.
Malgré la pluie qui menace de tomber (et qui tombera plus tard, temporairement) chacun⸱e tient à assurer sa présence à ce rassemblement, marquant ainsi une journée de grève qui s’annonçait déjà réussie. « Nous avons plus de 60% de D2i [Déclaration Individuelle d’Intention, que déposent 48 heures en avance les agents qui souhaitent se mettre en grève, ndlr] sur notre périmètre« , se félicite Arnaud Férin, secrétaire général adjoint de la CGT cheminots Douai-Cambrai.
Plus précisément, selon Arnaud Férin, concernant la gare de Douai, 12 conducteurs sur 14 étaient en grève, ainsi que 13 ASCT (agents de contrôle) sur 16. Concernant Cambrai, les chiffres sont sensiblement les mêmes selon le syndicaliste. Une mobilisation « historique » qui « envoie un très gros signal à nos directions« , continue Arnaud Férin. « On est là pour dire stop au mal-être au travail, stop aux restructurations des services, stop au recul sur l’organisation du temps de travail et stop au blocage de nos salaires« .
Le 6 mai dernier, les 4 organisations syndicales représentatives au sein de la SNCF annonçaient un appel unitaire à la grève pour le 10 juin « face à la multiplication des drames engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation« , ont-elles témoigné dans un communiqué commun.
Étienne, soudeur à Lille et syndiqué à la CGT-Cheminots, que nous avons interrogé le 5 juin dernier dénonçait « l’effet Orange » au sein de l’entreprise avec « 13 suicides » de cheminots intervenus depuis le début de l’année 2026, liés selon lui aux privatisations du secteur du rail qui interviennent depuis 2018. Des privatisations qui virent à l’absurde : en décembre 2024, le secteur TER autour d’Amiens (Somme) a été ouvert à la concurrence, et le marché a été remporté par … une filiale de la SNCF Voyageurs. Ou comment la SNCF s’auto-concurrence.
Avec cette multiplication des privatisations, les syndicats craignent une détérioration des conditions de travail et des salaires qui vont avec. C’est pourquoi, selon la CGT, un cheminot sur deux était en grève dans toute la France ce mercredi. Un fort taux de mobilisation qui n’a pas été observé depuis plusieurs années, avec de nombreuses suppressions de trains dans toute la France. Le syndicat Sud Rail parle ainsi d’un « avertissement » pour Jean Castex (le patron de la SNCF) et en appelle aux négociations.
L’intersyndicale se réunira ce jeudi au niveau national pour décider des suites à donner au mouvement.

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Fondatrice et tenancière multitâches chez Espaces. Documentariste, photographe, et autrice. Pratique le stream vidéo en amatrice. Animatrice radio instable mais motivée.

