À Rennes, le 17 octobre 2026, plus de 30 000 personnes ont pris la rue contre la vie chère, l’abandon des services publics et, plus généralement, la gestion du pays par les gouvernements successifs sous la présidence d’Emmanuel Macron.


La manifestation, entassée sur une place de la République trop exiguë, déborde dans les avenues adjacentes. Lorsque les premières grenades lacrymogènes pleuvent, l’incompréhension est totale dans la foule compacte. En quelques minutes, la manifestation laisse place à l’insurrection.





De mémoire de Rennais, la capitale bretonne a rarement connu de pareilles émeutes. Dans mes souvenirs de journaliste, les occasions où j’ai vu les forces de l’ordre aussi désemparées face à la situation se comptent sur les doigts d’une main.



« On arrivera à court de grenades ! », hurle un agent à son collègue.
Difficile de connaitre le nombre de blessés. Un jeune homme, blessé à la tête par un tir de LBD, me confie, peinant à tenir debout, qu’il préfère rester.




Dans une rue adjacente, une dame d’une cinquantaine d’années m’interpelle à son tour : « Il faut absolument le dire. On en a ras-le-bol ! On paie des impôts, et ça va où ? Dans leur train de vie ! Et pendant ce temps, on n’a plus d’hôpitaux, plus d’écoles. On n’en peut plus ! »

Quentin Bonadé-Vernault est un journaliste et photojournaliste basé à Rennes. Depuis plusieurs années, il axe son travail sur des thématiques de société telles que la crise de l’accueil migratoire, la santé mentale ou encore l’actualité sociale et collabore avec de nombreux médias nationaux, tels que Libération, Reporterre, la Nouvelle Vie Ouvrière ou encore l’Humanité.



