Samedi 4 avril au matin, Zakariyya, 23 ans, rend visite à ses parents dans leur domicile d’Évin-Malmaison (62). En apercevant sa voiture, la police fait demi-tour, puis finit par le suivre. Selon le récit de Zakariyya, à peine arrivé devant la porte de chez ses parents, les policiers “escaladent la grille“, le projetent au sol, et se mettent à l’étrangler.
“Vers 11h15, j’entends “police, police, police” derrière la porte, j’ouvre, et je vois mon fils à terre, menotté, et son visage rouge entre les jambes d’un policier“, raconte Djellali, son père. Plusieurs policiers sont présents. Sa mère, elle, leur hurle de le lâcher. Zakariyya finira par perdre connaissance. “Je me suis réveillé dans le camion de pompiers, mais j’avais des difficultés à respirer, j’ai perdu à nouveau connaissance“, affirme-t-il.
Admis à l’hôpital pour la nuit, il sera placé en garde à vue au commissariat de Lens jusqu’à 18 heures le lendemain pour “délit de fuite“, et ”rébellion“. Pendant tout ce temps, son père raconte qu’il aura du mal à avoir des nouvelles. “On me disait qu’il était majeur et qu’ils n’avaient pas d’informations à me donner“, dénonce Djellali. Zakariyya affirme être sorti de sa garde à vue sans poursuites.
Djellali et Zakariyya ont saisi l’IGPN qui, dans un premier temps, refuse de prendre leur plainte. Militant antiraciste, Djellali contacte une camarade grenobloise qui la met en relation avec le député LFI Thomas Portes. La famille sera reçue le 30 avril à l’Assemblée Nationale. “Quand on est allés à l’assemblée, le soir même, la situation se débloquait avec l’IGPN”. Thomas Portes affirme de son côté en conférence de presse avoir déposé “au nom du groupe parlementaire LFI une commission d’enquête parlementaire sur les crimes policiers“ et demande une “prise en compte particulière“ du cas de Zakariyya.
Dans l’attente des avancées de l’enquête, le traumatisme reste vif. “Quelque chose a changé dans la famille depuis le 4 [avril]”, déplore son père. “Depuis, j’ai peur de sortir, j’ai peur de les croiser, c’est très traumatisant, j’ai du mal à dormir“, souffle Zakariyya au téléphone :“Ce jour-là, j’ai vu la mort de mes propres yeux“.
La famille ne cesse depuis un mois de clamer justice et réparation, et espère bien se faire entendre. Djellali, qui assure avoir reçu le soutien du maire d’Évin-Malmaison, Christophe Caux, entend mener la lutte jusqu’au bout. Une mobilisation devrait avoir lieu dans les prochaines semaines et une pétition circule déjà sur les réseaux sociaux. Une cagnotte a également été ouverte pour aider la famille à payer les frais d’avocat.
Au micro d’Espaces, son père assure : « Je veux dire une chose : ils ont voulu briser mon fils, ils ont réveillé un père enragé« .
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Fondatrice et tenancière multitâches chez Espaces. Documentariste, photographe, et autrice. Pratique le stream vidéo en amatrice. Animatrice radio instable mais motivée.

